Labraunda (Milas,Turquie)

Le sanctuaire de Zeus Labraundos

Labraunda est un sanctuaire dédié à Zeus, situé à 14 km de Milas, au sud-ouest de la Turquie. Cette région est connue depuis l’antiquité sous le nom de Carie. Ce lieu sacré voué au culte de Zeus Labraundos, le dieu à la double hache (Labrys), était le sanctuaire national des Cariens. L’origine du culte du dieu à la double hache remonte au rite de Tarhunt, dieu de l’orage des Hittites (dir. O. HENRY et I. DAĞLI).

Partenaires institutionnels

AOROC - UMR8546-CNRS/ENSHISOMAInstitut français d’Études anatoliennes, IstanbulIshan DogramaciMAE, Ministère des Affaires Etrangères, FranceMinistère de la culture turcUniversité Istanbul

1 – Les Bains est

Porteur du projet : Christophe BOST
Collaboration : Frédérique Marchand-Beaulieu (AOROC), Fabrice  Charlier (INRAP), Mélanie Hauchart (Laboratoire HARTIS, Université de Lille), Nicolas Lamare (Université d’Amiens), Mohamed Sassi (ARCHEODUNUM), Alexandra Spühler (Université de Lausanne), Alina Streinu (Musée de Bucarest).


Le projet de fouille a comme finalité de proposer une étude monographique des bains est de Labraunda. Il s’agit ainsi d’appréhender l’édifice dans sa globalité et de le replacer dans le cadre élargi de ses relations avec l’environnement bâti et les espaces adjacents de ce quartier du sanctuaire.
Aussi bien, sera-t-il important de saisir les transformations et les évolutions sur la longue durée, d’un bâtiment qui semble être resté longtemps en usage.
Dans plusieurs publications thématiques importantes, les chercheurs ne manquent pas de souligner, en guise d’introduction, les difficultés spécifiques qu’offre l’étude de thermes.
En effet, il est question des constructions parmi les plus complexes de l’Antiquité romaine, tant par leurs installations techniques particulières que par les remaniements permanents qui touchent cette catégorie de bâtiments.
Afin de mieux les comprendre, il convient de progresser pas à pas à l’aide d’une méthode qui s’appuie sur un va et vient incessant entre les données exhumées par la fouille et les réflexions théoriques tirées de schémas interprétatifs.
Classiquement, on tentera d’échafauder une compréhension de l’édifice balnéaire axée sur trois problématiques : en premier lieu, l’analyse morphologique à travers la conception architecturale et spatiale, ensuite, la restitution de l’itinéraire des baigneurs, question étroitement associée à celles de la fonction et donc, du statut des bains.
https://www.labraunda.org/bains-est/


Carte 1 (Ouvrir dans une nouvelle fenêtre)

2- Un stade dans le sanctuaire hécatomnide de Zeus Labraundos

Responsables de la fouille du stade : Jeanne Capelle (AOROC), avec İpek Miora Erker, Frédérique Marchand-Beaulieu (AOROC) et Céline Trézéguet (INRAP)


Le stade de Labraunda en Carie est l’équipement le plus monumental et le vestige le plus tangible des fêtes organisées dans le sanctuaire hécatomnide de Zeus Labraundos. Identifié tardivement par O. Joneborg en 1960, sommairement décrit par P. Roos, il n’avait jamais été fouillé ni étudié avec la précision d’une étude architecturale.

C’est pour pallier ce manque que nous avons lancé en 2022 un projet AOROC pluriannuel, dans le cadre de la mission franco-turque soutenue par le MEAE dirigée par O. Henry (Lyon 2, HiSoMA), avec les soutiens humains et financiers d’AOROC et du Département des Sciences de l’Antiquité de l’ENS, ainsi que de l’IRAA (UAR 3155) en 2022 et des Actions Incitatives de PSL en 2023-2024.
L’équipe réunit des archéologues (J. Capelle, enseignante-chercheuse à AOROC, Fr. Marchand-Beaulieu, ingénieure d’études à AOROC, C. Trézéguet, archéologue départementale détachée à l’INRAP), une architecte (İ. M. Erker, architecte indépendante), des étudiants français, suédois, suisses et turcs, des ouvriers.

L’enjeu de cette fouille est d’éprouver la théorie de la datation hécatomnide, vraisemblable historiquement, mais jamais confirmée archéologiquement, qui ferait du stade l’un des plus anciens édifices de spectacle d’Asie Mineure construits en pierre et de sa ligne de départ à mécanisme une innovation précoce, contemporaine des premiers exemples en Grèce propre. L’étude englobe toutes les phases du monument jusqu’à ses réoccupations les plus récentes : une enquête est en cours auprès de la population sur la toponymie vernaculaire turque (kule, köprü) et l’utilisation du stade comme terrain agricole et comme cimetière. Une série de sondages ont été ouverts en 2023 à l’extrémité ouest de la terrasse du stade, pour rechercher du matériel datant dans les remblais et mieux comprendre la configuration et les techniques de construction des murs de soutènement en gneiss, de la ligne de départ (balbis) et de son mécanisme (hysplex). En 2024, un décapage de surface a également révélé les gradins taillés dans le substrat gneissique, qui auparavant affleuraient à peine, sur une vingtaine de mètres au nord de la piste, à l’ouest de l’axe transversal du monument.
Une tranchée transversale ouverte en 2025 nous a précisé le niveau de la piste et son articulation avec les gradins qui se comptent désormais au nombre de 26.
Le nettoyage du mur de soutènement sud de la piste, qui affleurait de loin en loin, nous indique les limites de la piste et de l’emprise du satde au sud.
L’étude architecturale combine relevés manuels, levés topographiques à l’aide d’une station Totale et d’un GPS et photogrammétrie au sol et par drone. Il s’agit de préparer des relevés généraux et de détail, en plan et en élévation ainsi que des coupes, mais aussi d’observer les traces d’outil, d’extraction en carrière (emboîtures, encoignures), de mise en œuvre (trous de pince) et de taille des blocs.
Parmi les résultats, on retiendra la restitution des lignes de départ à treize couloirs à partir de leurs blocs erratiques, tous relevés au 1/10. La prospection dans les environs immédiats a permis l’identification d’une nouvelle carrière, au sud du cimetière ottoman occupant actuellement une partie de la piste.
L’objectif principal est la parution d’une monographie réunissant fouille et étude architecturale dans la série Excavations and Researches at Labraunda.


Carte 2 (Ouvrir dans une nouvelle fenêtre)

3 – Plan général


Carte 3 (Ouvrir dans une nouvelle fenêtre)

4 – Plan du site


Carte 4 (Ouvrir dans une nouvelle fenêtre)



Bibliographie pour le stade

Publications :

— « Le stade » dans « Labraunda 2022 », AnatAnt XXXI (2023), p. 153-156.
— « Le stade » dans « Labraunda 2023 », AnatAnt XXXII (2024), p. 250-257.
— « Le stade » dans « Labraunda 2024 », AnatAnt XXXIII (2025), accepté.
— « The stadion » dans « Labraunda : a New Guide to the Karian Sanctuary of Zeus Labraundus », soumis et accepté en octobre 2024.
— « Le stade » dans « Labraunda 2024 », AnatAnt XXXIII (à soumettre en mai 2025).
— « Le stade de Labraunda, un é difice de concours hécatomnide ? », RA 2025 (résumé long de la conférence, à soumettre en juillet 2025).
Rapports d’activité :
— « Labraunda stadionu 2024 yılı kazı ç alı şmaları », rapport en turc remis au Bakanlık Temsilcisi
(représentant du ministère) en août 2024.
— « Les travaux de fouille. Le stade » dans Labraunda 2023, rapport préliminaire soumis au MEAE en septembre 2024.
— « Labraunda stadionu 2023 yılı kazı çalışmaları », rapport en turc remis au Bakanlık Temsilcisi
(représentant du ministère) en août 2023.
— « Les travaux de fouille. Le stade » dans Labraunda 2023, rapport préliminaire soumis au MEAE en septembre 2023, p. 38-47.
— « Labraunda stadionu 2022 yılı çalışmaları », rapport en turc remis au Bakanlık Temsilcisi
(représentant du ministère) en août 2022.
— « Étude du stade de Labraunda » dans Labraunda 2022, rapport préliminaire soumis au MAE
en octobre 2022, p. 14-26.

Dans la même catégorie

arton87.jpg

Alésia (Côte-d’Or, France)

De l’oppidum gaulois à la ville romaine.
Porteur du projet : Jonhattan Vidal Ministère Culture)
arton46.jpg

Allonnes (Sarthe)

Le sanctuaire de Mars Mullo et ses abords
Porteuse du projet : Katherine Gruel (AOROC)
arton48.jpg

Batilly-en-Gâtinais (Loiret)

Une résidence aristocratique gauloise
Porteur du projet : Stephan Fichtl (MSHA STrasbourg)
image400200

Carthage (Tunisie)

Carthage, l’une des principales capitales de la méditerranée antique, fut l’objet d’innombrables recherches archéologiques et

arton50.jpg

Corent (Puy-de-Dôme)

L’oppidum de Corent
Porteur du Projet : Matthieu Poux (ArAr, Lyon2)
image_vignette_400_200

Dyrrachium (Durrës, Albanie)

Un port entre Orient et Occident dans l’Antiquité
Porteur de projet: le CNAM ESGT
plateau_cieutat_slice_no_41-8ce72

Elusa (Eauze, Gers, France)

De l’oppidum à la cité du haut Moyen Âge
Porteur de projet : Laurent Callegarin (IRAA)
arton52.jpg

Gondole (Puy de Dome)

L’oppidum de Gondole
Porteur du projet : Yann Deberge (INRAP, AOROC)
arton54.jpg

Hérisson (Allier)

L’oppidum de Chateloi
Porteur du projet : David Lallemand (AOROC, SDA Allier)
parure_2010_440_220_v2

Kouass (Asilah, Maroc)

De l’atelier de potiers à l’agglomération maurétanienne (Ve-Ier s. av. J.-C.)
Autrice : Virginie Bridoux (AOROC)
arton67.jpg

L’agglomération antique de Grand (Vosges)

Un complexe religieux autour d’une source sacrée
Auteur: Thierry Dechezleprêtre (MAN)
arton56.jpg

Meunet-Planches (Cher)

Enceintes « des Murettes » : des origines de la réduction du fer au rempart de prestige bardé de clous
Auteur : Olivier Buchsenschutz (AOROC)
cliche_herve_paitier_inrap_400_200

Mithraeum d’Angers (Maine-et-Loire)

Un Mithraeum dans la ville
Porteurs du projet : Maxime Mortreau, Séverine Blin, Laure Déodat, Martin Pithon, Karine Prêtre, Jonathan
chronocarto_vignette_accueil_400_200.jpg

Mont-Beuvray, Bourgogne (antique Bibracte)

L’ancienne capitale des Eduens
Auteurs : Michel Dabas (AOROC), Christelle Sanchez (EVEHA)
arton63

Roullée (Sarthe)

Villa romaine et site d’extraction du fer
Porteur du projet : Florian Sarreste (EVEHA)
Created with GIMP

Saumeray, lieu-dit « Le Bas des Touches » (Eure-et-Loir)

Une activité rituelle à caractère guerrier.
Auteurs : Thierry Lejars (AOROC), David Josset (INRAP)
arton82.png

Senon-Amel (Meuse)

L’agglomération antique et son environnement microrégional
Porteur du projet : Simon Ritz ( Inrap)
photo_aerienne_fouille_logo_400_200

Tanis (Egypte)

Une nouvelle capitale
Auteur : Fr. Payraudeau (SU)
default

Thugga – Dougga (Tunisie)

Le centre monumental : de l’agora numide à la forteresse byzantine
Autrice : Véroniqe Brouquier-Reddé (AOROC)
shdai__ai_75_e_271_mv134__0002_400_200v3-07826

Timgad (Algérie)

De l’archive à la ville : reconstituer l’urbanisme d’une colonie romaine en Numidie
Porteuse du projet : Anissa Yelles (AOROC)