Thugga – Dougga (Tunisie)
Projet porté par Véronique Brouquier-Reddé (AOROC) et Pauline Cuzel (Otto-Friedrich-Universität Bamberg, AOROC)
Archéologie : Véronique Brouquier-Reddé
Étude architecturale et dessins : Jean-Claude Golvin
Épigraphie : Samir Aounallah, Louis Maurin, Pauline Cuzel
Dougga (36°25′20″N, 9°13′6″E), situé à 100 km au sud-est de Tunis, est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO (1997). C’est l’un des sites emblématiques de la Tunisie antique par ses monuments remarquablement bien conservés, par la richesse de son corpus épigraphique.
Le lieu a été occupé depuis le milieu du 2e millénaire avant l’ère chrétienne d’après la découverte de deux squelettes datés par 14C. Une nécropole dolménique couvre les affleurements rocheux au Nord-est, sans doute vers 1 500 avant J.-C. TGBB (toponyme libyque de l’établissement) fit partie du territoire de Carthage, puis du royaume numide massyle et intégra la province romaine en 46 avant J. C. La ville reçut dès lors un groupe de citoyens romains qui se constitua, entre 29 et 27 avant J.-C., en pagus carthaginois, créant deux communautés juridiquement distinctes (pagus et civitas). La ville devient municipe en 205 et colonie romaine en 261. La période vandale est peu représentée à l’exception d’un espace familial funéraire vandale ou byzantin précoce. Une forteresse englobe le forum à l’époque byzantine. Le village moderne, installé sur les ruines, a été déplacé en 1961 par décision du président tunisien.
Le site a été fouillé à partir de la fin du XIXe siècle (entre autres, par Louis Carton, Louis et Claude Poinssot, Alfred Merlin…). De grands dégagements ont lieu entre 1959 et 1961, mais la plupart des découvertes sont restées inédites. La coopération entre la France et l’Institut national du patrimoine de Tunisie (INP) a été réactivée en 1992. Le programme Petrae-Thugga (1992-1998, INP – Ausonius Bordeaux) a porté sur l’inventaire et l’étude des inscriptions latines de Dougga dont une sélection d’inscriptions (DFH) et le corpus des inscriptions funéraires (MAD) dévoilent l’histoire de la ville, de ses monuments et de ses habitants. Le programme Études d’architecture religieuse païenne (1999-2008, INP – Ausonius Bordeaux) a retracé l’évolution du centre public depuis l’époque numide jusqu’à l’époque byzantine et a étudié une quinzaine de temples urbains et le sanctuaire de Caelestis à l’extérieur de la ville, en replaçant notamment les inscriptions monumentales dans l’élévation des édifices (DÉAR 1 et 2). Depuis 2016, la coopération franco-tunisienne entre l’INP et l’ENS (AOROC) a concerné le projet Thugga-Dougga (Tunisie), de l’établissement punico-numide à l’agglomération romaine. D’autres coopérations internationales ont été effectuées entre l’INP et l’Université de Freiburg (Allemagne), notamment sur la nécropole du Nord-Ouest, les maisons et la partie au sud de la maison du Trifolium, et avec l’Italie en particulier la prospection du territoire de Dougga.
L’objectif de ce projet interactif vise à diffuser la multitude de données acquises sur le forum de Thugga qui est désormais l’un des mieux connus de l’Afrique antique.

